Citation de Gandhi! Nous avons tous en nous le "pouvoir" de changer les choses, faut il encore en etre conscient!
mercredi 19 décembre 2007
Pensées de Terriens, Nicolas Hulot
Que feriez-vous pour l'environnement si vous aviez une baguette magique entre les mains ? Si le journaliste Nicolas Hulot était la fée Ecologie, il créerait une organisation mondiale de l'environnement.
Entretien : février 2007
mardi 18 décembre 2007
Le harcèlement contre l'Association Kokopelli se poursuit: la "Justice" saisit le compte bancaire personnel de Dominique Guillet!
Devant son refus de payer une telle somme, le Trésor Public a tout simplement bloqué le compte bancaire personnel de Dominique Guillet, début décembre à Aubenas (pour la Saint Nicolas!) et a sommé ce dernier de payer la somme de 17 767 euros. A ce jour, 2 200 euros ont déjà été saisis sur son compte personnel.
Cette procédure est totalement illégale et nous avons demandé à nos avocats d'intervenir auprès de la Trésorerie de Nîmes.
Le grand cirque continue: alors que certains catalogues de semences Français distribuent des variétés potagères en toute illégalité, alors que des centaines de supermarchés vendent à l'automne, en toute illégalité, des tomates et des courges de variétés strictement réservées à "l'usage amateur", la Justice Française a décidé de harceler le président de l'Association Kokopelli.
Au vu des bouleversements climatiques planétaires et du scandale sanitaire et environnemental (dû à des pesticides considérés inoffensifs pendant très longtemps par l'agronomie à la solde de la chimie!) prévalent dans les îles productrices de bananes, l'agriculture française dans la déroute pourrait peut-être se recycler dans la culture de ce fruit tropical et faire de la France une république bananière. Les fondements "éthiques" d'un tel système sont déjà posés.
Ces 12 sachets présentent une diversité de variétés adaptées à tout jardin familial:
- Tomate Orange Queen
- Concombre Sweet Marketmore
- Tomate Rose de Berne
- Tournesol Lying's California
- Laitue Reine des Glaces
- Melon Petit Gris de Rennes
- Piment doux Apple
- Tomate verte Evergreen
- Carotte Nantaise
- Potimarron Rouge
- Amaranthe Intense Purple
Consommation d’électricité, records d’hiver, à quel prix ?
Le froid est mis en cause cette semaine par les divers communiqués émanant d’électriciens de tous pays : France, Espagne, Algérie, Italie, Hongrie… Lundi à 17h déjà, RTE le Réseau Français de distribution prévoyait pour le 18 dec une montée en puissance dans un communiqué : 87900 MW étaient prévus. Le record est tombé plus tôt que prévu, hier soir avec une consommation instantanée de 88960 MW à 19h.
Le débat sur le nucléaire n’est pas encore clos que la sombre vérité se révèle peu à peu : la promotion par EDF du chauffage électrique justifie ainsi la poursuite d’un programme de production en surcapacité chronique. Les partisans de cette source d’énergie dont on ne connait pas encore le cout réel (les déchets sont pris en charge par l’état français) argumentaient jusqu’alors que cette surcapacité permet à la France d’exporter : c’est en partie vrai, mais la réalité des grands froids, telle qu’elle est décrite par le communiqué publié aujourd’hui par RTE, met en évidence une autre version des faits.
Hier à 19h, la production française d’électricité s’exportait vers l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et la Belgique à hauteur de 4%. Et au même moment, EDF importait du courant d’Allemagne, où l ‘on mise gros sur les énergies alternatives, et de Suisse. Et pourtant en Allemagne les températures n’étaient certainement pas plus clémentes : les vagues de froid, comme les nuages de chernobyl, ne connaissent pas les frontières alsaciennes… Quoiqu’il en soit, le mois de décembre n’est pas le plus propice aux économies d’énergies : outre le froid, il faut aussi compter avec les illuminations de Noël…
Source: ecolopop.info
lundi 17 décembre 2007
Non-assistance à humanité en danger
Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement dans les années qui viennent comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de la cécité de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats.
En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui pour la première fois parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres iles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali. Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris.
La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed dont l'objectif est de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent .Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique entame de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité est un lieu de vie essentielle. La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre en place.
Une seconde avancée , plus modeste, consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie.
Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger.
Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de "la machine à nier"
La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avec comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir. Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé mais sur la base de la position la plus faible c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain qu'aucun engagement concernant une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50 % pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité voire d'un cynisme poussé à l'extrême qui conduit a accepter, de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.
Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter. A la non assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation de toutes les consciences et les volontés humaines..
Merci à Bertrand des free(wo)mens pour la retranscription du texte
mardi 11 décembre 2007
José Bové échappe à la prison et annonce une grève de la faim contre les OGM
José Bové a échappé lundi à la prison, obtenant la transformation en jours-amende de sa condamnation à 4 mois de prison ferme pour un arrachage de maïs transgénique, mais a ausitôt annoncé une grève de la faim collective pour dénoncer "un simulacre de décret" sur les OGM.
A l'issue d'une audience contradictoire au tribunal de grande instance de Millau (Aveyron), avec ses avocats, le procureur et le juge d'application des peines, le leader altermondialiste a qualifié de "bonne nouvelle" l'aménagement de sa condamnation à 4 mois de prison ferme en jours-amende, dont le montant et le nombre de jours seront connus le 17 décembre.
Il avait été condamné en décembre 2005 par la cour d'appel de Toulouse pour un arrachage de plants de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne) un an plus tôt.
L'ancien candidat à l'élection présidentielle s'est toutefois dit "en colère" face à ce qu'il a qualifié de "trahison". "Les jours-amende, c'est le moins important (...). Aujourd'hui, ce qui est grave, c'est que le gouvernement a pris la décision d'aller à l'encontre de ce qui avait été dit au Grenelle de l'environnement, de ce qui avait été dit par le président de la République, et à l'Assemblée nationale, par Jean-Louis Borloo", le ministre de l'Ecologie, a déclaré José Bové à sa sortie du tribunal.
L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne a déchiré, sous les applaudissements de quelque 70 sympathisants, une copie du décret publié jeudi, suspendant jusqu'au 9 février la vente et l'utilisation du maïs MON 810, le seul OGM cultivé en France.
Il a qualifié cette suspension de "complètement inacceptable, à moins de nous prendre pour des imbéciles". "Tout le monde sait que l'on ne cultive pas du maïs en hiver et décréter par la loi le gel en hiver, c'est vraiment se foutre de la gueule du monde et ça, on ne peut l'accepter!", s'est-il exclamé.
"Nous avons pris une décision collective d'entamer à partir du 3 janvier 2008 une grève de la faim à durée indéterminée (...) pour mettre en place un moratoire sur les OGM, pour que le gouvernement respecte la parole donnée devant l'Assemblée nationale et pour défendre le droit et la liberté de consommer sans OGM", a-t-il poursuivi sur les marches du palais de justice.
Dix à quinze personnes, des Faucheurs volontaires, de simples citoyens et un maire, devraient participer à cette action à Paris "devant les députés, les sénateurs, devant l'ensemble du gouvernement et devant le chef de l'Etat".
Ces militants, qui avaient déjà envisagé une grève de la faim en novembre si un moratoire n'était pas décidé lors du Grenelle de l'environnement, entendent ainsi protester contre la "reculade du gouvernement", selon M. Bové, bien décidé à obtenir "la clause de sauvegarde permettant à l'Etat de suspendre au niveau européen l'utilisation des OGM".
"Quand la parole publique est bafouée, les citoyens doivent agir. Il faut que l'année 2008 soit une année sans OGM, que le moratoire soit effectif", a insisté José Bové, devant le tribunal où étaient accrochées de chaque côté de l'entrée des banderoles "Faucheurs volontaires d'OGM" et "Moratoire pour les OGM = amnistie pour les faucheurs".
"L'aménagement prévu aujourd'hui va permettre que le combat continue", a souligné le leader altermondialsite, agriculteur du Larzac, avant d'ajouter: "on sera plus efficace dans la rue en faisant une grève de la faim que derrière les barreaux"
jeudi 6 décembre 2007
L'Alliance pour la planète suspend sa participation au Grenelle tant que le dialogue à « cinq » n'est pas rétabli.
« Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM… les premières mesures de suivi et de mise en œuvre du Grenelle conduisent à une remise en cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines. Ce résultat est évidemment lié au processus unilatéral choisi à ce stade par le gouvernement » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole de l'Alliance pour la planète.
Ces dernières semaines, la plupart des participants au Grenelle ont demandé avec force et insistance au gouvernement d'associer des représentants des différents collèges à la phase de suivi, conformément aux étapes précédentes du Grenelle et aux assurances formelles données par le président de la République. En vain !
« L'Alliance demande au président de la République et au ministre d'Etat de remettre en marche la dynamique de travail collective et ainsi de restaurer la confiance » ajoute Yannick Jadot.
source: greenpeace.fr
Festival du film écologique : le jury lycéen manipulé
Lors du dernier Festival international du Film Écologique qui s’est tenu à Bourges en octobre dernier, l’intervention d’un collaborateur du Maire de Bourges a réorienté le choix du jury composé de jeunes lycéens. OGM, Enjeu planétaire de Catherine Berthillier n’a pas eu l’heur de plaire aux organisateurs. Le sujet abordé était sans doute un peu trop sulfureux. Une grossière manipulation qui prouve combien à Bourges on se moque des jeunes, du cinéma ... et de l’écologie !
Le Festival international du Film Écologique, troisième du nom, s’est tenu cette année à Bourges du 04 au 07 octobre 2007. Organisé par « l’agence culturelle » de Bourges, à l’initiative du maire et ancien ministre Serge Lepeltier, il mettait en lice une trentaine de productions – documentaires, reportages et fictions – sous la présidence d’Allain Bougrain-Dubourg, célèbre animateur de télé et protecteur des petits oiseaux.
En réalité, il y avait au sein du festival deux jurys. Un jury de professionnels, et un « jury de jeunes », composé de neufs lycéens et lycéennes, scolarisé(e)s à Bourges et à Vierzon.
À la suite d’un visionnage marathon (voir une trentaine de film en trois jours en prenant des notes pour justifier des choix n’est pas de tout repos), les jeunes ont retenu le film de Catherine Berthillier, OGM, Enjeu planétaire. Mais, apparemment, ce choix s’avérait délicat pour les organisateurs du festival. Les motifs de cet embarras se laissent deviner à la lecture de la fiche de présentation du film : « Les premières cultures d’OGM sont apparues en 1994. peut-on y lire. Elles se sont depuis largement répandues aux Etats-Unis, au Canada et en Amérique Latine. L’Europe en revanche fit de la résistance, tant au niveau des institutions que des opinions publiques. Alors, combat d’arrière-garde des passéistes contre les novateurs ? Ou bien, politique du fait accompli par les firmes de biotechnologies profitant du vide juridique et de la carence des Etats à se saisir du problème ? Une chose est sûre : aucun principe de précaution ne semble avoir guidé jusqu’ici la mise en culture de produits faisant pourtant franchir de façon irréversible la barrière des espèces, avec des conséquences inconnues pour l’environnement naturel comme pour la santé humaine. »
Pas « politiquement correct », en raison surtout des questions qu’il pose sur le rôle des U.S.A. dans la promotion, la fabrication et la diffusion des semences OGM, mais très bien réalisé, et traitant d’un sujet qui « interpelle », le film de Catherine Berthillier a séduit le jury des jeunes cinéphiles.
Pour sortir d’une situation qui risquait d’irriter le petit roi de Bourges, à quelques encablures du Grenelle de l’environnement et alors que Sarkozy, à peu près à la même période, s’employait à faire les yeux doux à l’Oncle Sam, Michel Pobeau est donc intervenu pendant les délibérations pour réorienter le choix des jeunes.
Très finement. D’abord il les a rassurés en leur confirmant qu’ils avaient fait un très bon choix. Ce film était assurément bon, très bon, si bon que le jury professionnel lui-même avait jeté son dévolu dessus ! Justement, il aurait été dommage de récompenser deux fois le même film, et d’oublier d’autres oeuvres qui pouvaient aussi retenir l’attention pour leurs qualités. Il a donc été demandé aux jeunes, naïfs, de sélectionner le second film sur la liste de leur choix, attendu que le premier se trouverait déjà sur le podium.
Vint la cérémonie de proclamation des résultats au cours de laquelle OGM, enjeu planétaire ne reçut ... aucun prix.
Catherine Berthillier a perdu l’occasion de voir son travail et celui de son équipe récompensé, pour des motifs qui, à l’évidence, ne relèvent en aucune manière de l’art cinématographique.
Les lycéen(ne)s jurèrent quant à eux, mais un peu tard, qu’on ne les y reprendrait plus.
8 décembre, Journée mondiale du climat
agissons contre le changement climatique !
- 30% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, sans nucléaire, c’est possible ! | ![]() |
Le changement climatique fait peser de nombreux risques sur notre planète :
° Multiplication des catastrophes climatiques (canicule, inondations, tempêtes…) ;
° Montée des eaux qui menace de disparition certains territoires et provoquera l’exode des milliers de « réfugiés climatiques » ;
° Menace sur la faune et la flore et multiplication des catastrophes alimentaires et sanitaires
Les fausses solutions que sont l’énergie nucléaire (polluante, dangereuse et proliférante) ou les agrocarburants et les mauvaises orientations comme le « tout autoroute » sont destinées à soutenir un modèle de développement dévastateur. Elles détournent des financements qui devraient être affectés à la promotion des économies d’énergie, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables !
Du 3 au 15 décembre se tiendra à Bali la 13e conférence internationale des Nations unies sur le changement climatique, pour préparer la suite du protocole de Kyoto.
Au même moment, la France dévoilera le projet de loi issu du Grenelle de l’Environnement.
Pour une véritable justice climatique1, les pays riches doivent s’engager à réduire de 30% leurs émissions de gaz à effet de serre, sans nucléaire, d’ici 2020.
Le 8 décembre, pour la « Journée mondiale du climat », rejoignez les évènements partout en France pour exiger que les promesses politiques soient enfin tenues !
De Grenelle à Bali, agissons contre le changement climatique ! |
Connaitre les Actions pres de chez vous
mercredi 5 décembre 2007
Le téléphone mobile favoriserait les tumeurs cérébrales
L'utilisation du téléphone mobile est néfaste pour la santé, et pas seulement au volant. Une analyse portant sur dix-huit études conclut qu'au-delà de dix ans d'utilisation d'un cellulaire, le risque de développer une tumeur cérébrale maligne - le gliome - du côté où l'appareil est porté à l'oreille serait multiplié par deux. Cette affection touche chaque année environ 6 personnes sur 100 000. Pour les atteintes du nerf acoustique - le neurome -, le risque serait deux fois
et demi plus élevé, dans ces mêmes conditions.
Publiée en ligne par la revue Occupational and Environmental Medecine (OEM), cette analyse, conduite par les Suédois Lennart Hardell (université d'Orebro) et Kjell Hansson (université d'Umea), contredit une étude rendue publique en septembre en Grande-Bretagne, selon laquelle "il n'a pas été montré que les mobiles étaient associés à des effets biologiques ou délétères".
Mais Lawrie Challis, qui a dirigé l'étude britannique, admet, rapporte le quotidien The Independent, qu'en raison du faible nombre de patients ayant utilisé un téléphone mobile depuis plus de dix ans, "il n'est pas possible à ce stade d'écarter la possibilité que des cancers puissent apparaître dans les prochaines années". L'incertitude liée au temps de latence entre l'exposition aux champs électromagnétiques et le développement éventuel d'une tumeur reste l'un des principaux obstacles dans la conduite d'études épidémiologiques "conclusives".
"GROS CONSOMMATEURS"
En France, où la téléphonie mobile a pris son essor à partir de 1992 et où l'on dénombre désormais plus de 52 millions d'abonnés, l'étude la plus récente, publiée en septembre dans la Revue d'épidémiologie et de santé publique, souffre des mêmes limitations. Elle porte sur des
patients atteints de tumeurs cérébrales entre 2001 et 2003.
"L'usage régulier du téléphone mobile n'est pas lié à une augmentation du risque de neurinomes, de méningiomes ou de gliomes, conclut-elle.
Bien que ces résultats ne soient pas significatifs, il semble toutefois exister une tendance générale à une augmentation du risque de gliome chez les plus "gros consommateurs" de téléphonie mobile : utilisateurs de longue durée, au temps de communication élevé et ayant utilisé un plus grand nombre de téléphones."
La puissance statistique de l'étude française étant insuffisante pour trancher, les auteurs renvoient à l'étude internationale Interphone, lancée en 1999. Elisabeth Cardis, qui coordonne Interphone au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), à Lyon, n'est pas
surprise par les résultats de l'étude de Lennart Hardell et Kjell Hansson. "Ils s'appuient sur plusieurs études incluses dans Interphone, qui ont effectivement noté des augmentations, significatives ou non, des gliomes chez les utilisateurs de mobile", admet-elle. Toute la difficulté réside dans l'interprétation des résultats, ajoute-t-elle. Un des biais possibles concerne la mémorisation par les malades de leur propre usage du téléphone. "Ils cherchent une explication à leur maladie et ont tendance à exagérer leur exposition", note Elisabeth Cardis. Ce biais de mémorisation est statistiquement repérable : il conduit à une apparente réduction du risque de tumeur dans l'hémisphère opposé au téléphone, comme si exposer un côté protégeait l'autre...
L'étude Interphone s'attachera aussi à préciser la localisation des tumeurs. Si 20 à 30 % de la dose électromagnétique émise par le téléphone sont absorbés par le cerveau, "cette exposition est très localisée", indique Elisabeth Cardis. Il est alors peu probable qu'une tumeur dans la partie frontale ou occipitale puisse être attribuée aux radiofréquences, note-t-elle.
LAXISTES
Ces problèmes méthodologiques expliqueraient, selon la chercheuse, le retard de plusieurs années pris dans la publication de l'étude Interphone, espérée "dans quelques mois". En attendant, Elisabeth Cardis refuse de se prononcer sur la nécessité ou non de réviser les normes
d'émissions de radiofréquences.
Celles-ci sont jugées trop laxistes par un groupe de spécialistes internationaux, dont Lennart Hardell. Ces experts ont rendu public, le 31 août, un rapport dans lequel ils réclament un durcissement de la réglementation internationale sur les ondes électromagnétiques, qu'elles soient émises par les lignes à haute tension, les fours à micro-ondes, les antennes et relais de télécommunications ou les téléphones portables.
Micro-ondes, DECT, Wi-Fi et mobiles mesurés in situ
L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), qui recommande d'utiliser le mobile "avec discernement", a financé une étude sur l'impact des radiofréquences à Besançon et à Lyon. Pendant une semaine, 400 volontaires ont porté un dosimètre. Les trois millions de mesures récoltées montrent que la grande majorité des expositions sont dues au téléphone portable, au sans-fil domestique (DECT) et au four à micro-ondes. Coordinateur de l'étude, l'épidémiologiste Jean-François Viel note qu'il s'agit de résultats préliminaires, à affiner, notamment en ce qui concerne le Wi-Fi, "qui émet dans la même gamme de fréquences que le four micro-ondes".
Auteur : Hervé Morin
Publié par : LE MONDE
Le : 12.10.07